Couv Ietsé 1

« C’est un partage auquel le lecteur est convié avec un univers à la fois immémorial et présent, un univers de légendes et de tradition orale souvent inconnu en dehors de Madagascar.

On constate que la rencontre des cultures est complexe lorsque Ietsé vit à Paris. Très amoureux d’une jeune Française, il va échouer à la comprendre. Mais pour autant, cela ne signifie pas l’impossibilité du métissage mais soulève plutôt la question du malentendu, de la difficile conciliation des milieux. Le véritable humanisme du texte se produit surtout, à mon avis, à Madagascar même. Ietsé a une jeunesse dorée et turbulente et le roman n’évoque pratiquement jamais la réalité sociale malgache. Pourtant, il évolue et la fin montre sa véritable ouverture sur le monde malgache.

C’est une réhabilitation de l’héritage vazimba que propose l’auteur, en montrant comment celui qui est en apparence un jeune bourgeois assimilé est en fait à l’écoute de son pays, de sa nature frémissante et de sa tradition orale. Le roman est par ailleurs riche de nombreuses références littéraires et artistiques qui montrent que le véritable métissage, le véritable humanisme sont d’abord ceux qu’autorise l’art et qui nourrit et réunit les hommes. Ce texte touchant montre aussi la richesse d’une littérature de l’Océan Indien qui ne bénéficie pas des mêmes ressources ni du même encadrement que d’autres pour se développer et qui, malgré cela, puise dans son propre univers pour proposer des voix nouvelles. »

Valérie Magdelaine, Maître de conférence à l'Université de La Réunion, membre du jury Prix Métis 2013.

Extrait en anglais/English version by Allison M. Charette here.